Scolasticat Don Bosco AGL

Septième jour de notre neuvaine

MARIE, NOTRE MODÈLE DE L’AMAUR DU PROCHAIN

Lecture Luc 1,39-44,56.

Dans les jours qui suivirent, Marie se mit en route et se rendit en hâte dans une localité de la région montagneuse de Judée.  Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth. Au moment où celle-ci  entendit la salutation de Marie, l’enfant remua en elle. Elisabeth fut remplie du Saint-Esprit et s’écria d’une voix forte: Dieu t’a bénie plus que toutes les femmes et sa bénédiction repose sur l’enfant que tu auras ! Qui suis-je pour que la mère de mon Seigneur vienne chez moi ? Car, vois-tu, au moment ou j’ai entendu ta salutation, l’enfant a remué de joie en moi. Marie resta avec Elisabeth pendant environ trois mois, puis elle retourna chez elle. Parole du Seigneur

 

REFLECTION

 

Marie après avoir entendu que sa parente Elisabeth est enceinte, elle le jugea bon de se rendre dans la région montagneuse chez Zacharie pour rendre service á  la vieille Elisabeth.

 

Marie est pour nous un modèle de l’amour du prochain. Elle nous révèle que Dieu ne manifeste sa Gloire et Son Amour qu’à ceux qui le cherchent comme des petits, des pauvres, et des humbles serviteurs des autres. D’ailleurs, saint Paul le dit: «soyez humble les uns à l’égard des autres et que chacun considère les autres comme supérieurs à lui-même.».(Ph 2, 3)

 

Nous apprenons d’elle que rendre grâce ne signifie pas seulement remercier, mais c’est aussi restituer au Père tous les dons qu’on a. Comme le dit saint Paul dans son épitre aux Romains: «je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personne en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu ; c’est le culte spirituel que vous avez à rendre.» (RM 12,1)

 

Marie est ne seulement notre modèle de prière mais aussi de l’amour, maitresse de sagesse et guide de notre vie chrétienne. Après l’annonce de l’Ange, Marie ne se réjouis pas d’être choisi comme Mère de Dieu. Mais plutôt elle se fait humble, se met en route sa cousine Elisabeth. Elle veut partager cette grâce, une chose qui frappe Elisabeth jusqu’à au point de se demander : «Qui sui-je pour que la mère de mon Seigneur vienne chez moi ?» L’amour du prochain poussant Marie à rester avec Elisabeth pendant environ trois mois.

Selon saint Grégoire de Nazianze, rien n'est de nature à nous concilier à la bienveillance de Marie comme la charité envers le prochain.  " Donnez au pauvre, disait saint Jean Chrysostome, et vous  recevrez le paradis.

 

Elle a expérimenté la sainteté de Dieu qui manifeste surtout sa Grandeur dans Son Amour, sa Tendresse et sa pitié pour les pauvres, pur ceux qui se trouve dans le besoin. Elle se trouve maternellement à l’origine de notre mission. Que son intercession nous aide à être parmi les jeunes les vrais témoins de l’amour inépuisable de son Fils.

 Que Marie nous enseigne à être toujours et partout les porteurs de l’amour envers nos prochains.

O Mère d’amour, puisque vous êtes pleine de charité envers tout le monde, n'oubliez pas mes misères. Vous les connaissez bien, ô ma Mère. Recommandez-moi à ce Dieu qui ne vous refuse rien. Voici la grâce que je vous prie de m'obtenir : que je puisse vous imiter dans la pratique de la divine charité, et envers Dieu, et envers mon prochain.

 

Sixième jour de notre neuvaine

6ème jour : MARIE, MERE DE MISERICORDE

Jésus disait : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Lc 23, 34)

Jésus dans sa phrase, « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6,36), veut nous montre que la miséricorde comme projet d’amour sur le monde et sur chacun appartient avant tout à Dieu son Père, ensuite aux hommes et plus particulièrement à la Vierge Marie sa Mère. Durant cette année dédiée à la miséricorde divine, le pape François nous invite à tourner notre regard envers  Marie, Mère de Dieu et Mère de la miséricorde qui s’est faite chair par le mystère de l’incarnation que personne n’a pu pénétrer et expérimenter comme Elle. Le Pape souhaite que la douceur de son regard nous accompagne afin que nous puissions redécouvrir la joie de la tendresse de Dieu dans sa miséricorde.

En déclarant Marie theotokos qui veut dire Mère de Dieu, le concile d’Ephèse tenu en 431 avait reconnaît en Jésus, l’unique personne en sa double nature : parfaitement homme et parfaitement Dieu, c’est ainsi que Marie est appelée Mère de miséricorde parce qu’elle est Mère de Jésus, vrai homme, vrai Dieu et visage de la miséricorde du père. C’est pour cela qu’Elle est toujours en union et en coopération avec l’action de son Fils Jésus en qui tout de Lui  parle de la miséricorde et qu’en Lui rien ne manque de compassion.

Marie est Mère de la miséricorde parce qu’elle a expérimenté et participé intimement dans la révélation de la miséricorde divine d’une manière particulière et exceptionnelle, elle connaît le plus à fond ce mystère, elle en sait le prix et sait combien il est grand. Le saint pape Jean Paul II dans son encyclique sur la miséricorde dit : « parce que Marie est Mère, elle dévoile l’amour miséricordieux, maternel de Dieu, ayant « la capacité particulière de rejoindre tous ceux qui acceptent plus facilement l’amour miséricordieux de la part d’une mère ».

Comme l’Eglise nous invite à la prier afin de mettre en œuvre la miséricorde dans le concret de nos vies, c’est à travers la parole de Dieu qu’Elle nous aide à vivre selon sa manière la miséricorde, signe de bienveillance à  l’égard des humbles et des faibles.  Dès les premiers temps de sa grossesse, elle s’est fait missionnaire d’une expérience où Elle se souciait de ceux qui sont dans le besoin tel que montré dans certains textes évangéliques qui manifestent sa miséricorde, par exemple, l’événement de l’annonciation par l’ange Gabriel (Lc 1, 26-38) où Elle accepta de réaliser la révélation de la miséricorde du Fils de Dieu, ceci nous aide à apprendre de se laisser disponible afin de répondre à Dieu humblement. Ensuite, étant imprégnée de la miséricorde dans sa chair et dans son histoire, elle porta cet amour miséricordieux à Elizabeth (Lc 1,39-56). Au nonce de Cana, Elle a posé un regard attentif et maternel au gens qui manquaient du vin (Jn 2,3-12), et enfin, c’est surtout au pied de la croix quand elle, en silence et Jean le disciple de l’amour ont témoignés les paroles du pardon qui jaillissent des lèvres de Jésus quand il demandait son Père le pardon à ses bourreaux qui ne savaient pas ce qu’ils font (Lc 23,34). Ces paroles de Jésus dévoilent en plus la miséricorde que Marie témoigne parce que son Fils Jésus Christ envoyé par le Père fait usage de la miséricorde qui consiste à n’est pas condamné, mais à pardonné

Marie, mère du crucifié, nous montre son Fils, visage du pardon et du don total dans l’amour. Jésus à son tour, nous confie à sa Mère qui atteste que la miséricorde du Fils n’a pas de limite et elle rejoint tout un chacun sans exclusion, cette miséricorde rejoint tout ce qui abime notre relation aux autres et à Dieu, qui veut dans son immense amour s’adresser aux hommes comme à des amis, à travers l’histoire personnelle de chacun. Enfin, comme ses yeux miséricordieux tournent vers nous lorsque nous l’implorons, demandons à Elle de nous apprendre comment être présent auprès de ceux qui souffrent, demandons à Elle de rester  toujours confiants dans l’amour miséricordieux de Dieu, étant donné qu’elle accueille tous ceux qui cherchent prés d’elle un refuge et elle écoute ceux qui l’appellent dans leurs épreuves.

(Intercession) Marie, Mère de miséricorde, toujours attentive aux prières de tes serviteurs, comme nous sommes invités à être miséricordieux envers nos frères et sœurs à travers les œuvres de la miséricorde apprends-nous à être miséricordieux comme tu la fait et surtout d’être témoins de la présence de ton Fils Jésus Christ partout où nous sommes. Prions le Seigneur.

 

 

 

 

 

Cinquième jour de notre neuvaine

5ème jour de notre neuvaine :

 MARIE, NOTRE SECOURS

 

Nous ne pouvons pas imaginer combien Marie est prompte à secourir ceux qui l’invoquent. Au milieu de toute  sorte de peine, heureux celui turne souvent ses regards vers la consolatrice du monde. Le refuge des misérables, l’auguste Mère de Dieu, qui l’invoque et la prie avec ferveur. Marie nous dit qu’il est heureux, celui qui écoute Ses conseils, et qui veille continuellement aux portes de Sa miséricorde pour invoquer Son intercession et Son secours.

La sainte Eglise, notre mère nous enseigne la confiance en Marie et pourquoi nous devons recourir sans cesse à cette bienveillante protectrice. Durant l’année liturgique, un grand nombre de fêtes ont  été célébrées en l’honneur de Marie et un jour lui est consacré dans chaque semaine. L’Eglise veut que chaque jour, dans l’office divin, les ecclésiastiques l’invoquent au nom de tout le peuple chrétien, trois fois le jour, et les chrétiens qui le peuvent au son des cloches. Elle invite les fideles à la saluer.

Saint Bonaventure dit que, Marie cherche des âmes qui recourent à elle avec des vifs sentiments de respect et d’amour ; car ce sont ceux-là qu’Elle chérit, qu’Elle nourrit qu’Elle embrasse comme se enfants. Il continue  en disant que Marie fut préfigurée par ‘’Ruth’’ dont le nom signifie ’’Celle qui voit et qui se hâte’’, car  quand Marie nous voit dans la tribulation, Elle en est touchée et se hâte pour nous venir en aide. Cette mère  riche de miséricorde n’a rien de plus presse que de répandre sur ses serviteurs les trésors de la magnificence.

 

Dans l’exercice de la miséricorde. Marie ne peut manquer d’imiter le Seigneur, fidele a la promesse qu’il nous a faite en ces termes : ‘’Demandez et vous recevrez’’ (Mt7,7).Dieu  prends des ailes quand il s’agit d’aller tirer de la peine une âme qui l’appelle a son aide ; ainsi  fait aussi Marie quand nous la prions.  A ce propos le bienheureux Amédée donne une explication plus claire. Pour lui, ces ailes que prends Marie marquent la promptitude de Marie à secourir ses enfants. Marie est prompte a tendre une main secourable à ses dévots.

 

 Nous pouvons dire que Saint Bonaventure avait raison quand s’adressant à Marie, il écrit :’’O toi, le salut de ceux qui t’invoquent’’. Ces mots nous font entendre qu’il suffit pour être sauve invoquer cette Mère de Dieu toujours prête à secourir quiconque la prie. C’est en faveur  des pécheurs, des misérables qu’elle est devenue la mère d’un Dieu qui est la miséricorde en personne. Marie ne se montre pas comme secours seulement quand nous l’invoquons. Elle pousse le zèle de notre bien jusqu'à parvenir à nos prières, quand Elle voit dans le besoin, et quand nous sommes moins prompts à implorer son appui.

Dans sa vie terrestre, Marie donnait des marques de cette grande bonté qui la porte à compatir à nos peines et à les adoucir, alors même que nous ne la prions pas. A preuve de ce que, selon Saint  Jean (1,1-10), Elle fit aux noces de cana, voyant ce cruel embarras des deux époux, désolés et confus de ce que le vin allait manquer à la table du  banquet. Cette tendre Mère n’attendit point qu’on eut recours à Elle, mais, cédant a la seule indication de son cœur, incapable de voir l’affliction d’autrui sans la partager, Elle vint prier son divin fils de consoler ses hôtes , et,  lui exposant simplement le besoin dans lequel ceux-ci se voyaient. ’’Ils n’ont pas de vin, lui dit-Elle’’.Et Jésus, désireux de tirer cette famille de la peine et désireux de contenter le cœur compatissant de Marie sa Mère, opérant le miracle que nous connaissons bien.’’ Il changea l’eau en vin’’.

Alors si Marie, même sans être priée se montre si empressée à secourir les affligés,  combien plus le sera-t-Elle à consoler ceux qui l’invoquent  et qui réclament son assistance ? Souvenons-nous toujours d’invoquer l’intervention de la Vierge Marie dans nos  activités quotidiennes.

Marie, secours des Chrétiens, prie pour nous !

Troisième jour de notre Neuvaine

Marie humble servante : Luc 1, 38

 

Me voici la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta Parole. Voyez l'humilité, voyez le dévouement de Marie ! Elle se dit la simple servante du Seigneur. Alors qu'elle a été choisie pour être sa Mère ; cette promesse inattendue ne l'a nullement exaltée. Elle ne se dit que servante ; elle ne revendique pour elle aucun privilège, en raison de cette grâce. Elle ne veut qu'une chose : faire ce qui lui est commandé.Elle doit enfanter Celui qui est doux et humble.

 

 Comment pourrait-elle ne pas faire preuve elle-même d'humilité ? Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta Parole! (Le 1, 38). Telle est son obéissance ; tel est son désir : être servante, toute disposée à servir.Accueillir la Parole, son unique aspiration. Marie, Mère de Dieu et Servante du Seigneur, je elle la servante du Seigneur ici c’est l’ère du Verbe incarné, Marie est celle qui non seulement donne naissance à Jésus dans la chair, mais celle qui coopère à sa naissance en notre cœur. Elle nous revêt de son Fils, nous conforme à lui, jusqu'à ce que tous ensemble nous parvenions à constituer cet Homme parfait qui réalise la plénitude du Christ (Eph 4,13).

 

Nous aimons réciter l'Angélus qui rappelle la foi et la disponibilité avec lesquelles Marie s'est consacrée totalement comme servante du Seigneur à la personne et à l'œuvre de son Fils. Le chapelet est, lui aussi, une prière de choix qui nous fait vivre pas à pas, en compagnie de Marie, les mystères de Jésus. Prie la Vierge dans tes difficultés. Confie-lui ta croissance dans la vie intérieure. Elle, la femme eucharistique, elle nous enseigne  le véritable esprit d'adoration et elle nous soutient dans nos consentements joyeux au plan d'amour du Père sur toi. Suivons et imitons Marie, âme profondément eucharistique, et toute notre vie deviendra un Magnificat.

 

Benoît XVI commente sur  Humble servante du Seigneur et qu’Elle est  associée aux mystères du Christ, de l'Incarnation à la Résurrection, Marie nous précède sur la voie de l'oblation. Elle nous apprend à accueillir la Parole, à adorer et à contempler Jésus. Elle est le Premier disciple du Christ, tout en étant sa Mère, elle nous éduque dans le quotidien à vivre en conformité avec l'Évangile de son Fils. À l'Annonciation, Marie plonge dans le mystère et se laisse envahir par l'Esprit Saint. Elle devient le Tabernacle vivant du Seigneur, la demeure du Fils de Dieu qui prend chair en son sein. Marie a été choisie, par amour, la voie de l'humilité et du service.

 

 Dans le Magnificat, Marie nous apparaît comme une âme d'adoration. Dieu manifeste sa grandeur dans son amour, sa tendresse, sa pitié pour les pauvres. C'est pourquoi Marie l'adore. Elle est saisie tout à la fois par le sentiment de sa grandeur (le Tout Puissant) et par le sentiment de sa propre misère (son humble servante). Adorer Dieu, c'est baisser les yeux devant sa gloire. Il nous faut contempler longuement la gloire de Dieu pour que notre prière soit pénétrée d'adoration. Il ne faut jamais séparer le Dieu trois fois saint (le Tout Autre) du Dieu Amour  qui fait place au silence de l'adoration. Il ne s'agit plus que d'écouter le silence de Dieu et de laisser l'Esprit Saint prier en nous.

 

 Demandons à Marie, elle qui conserva toutes ces paroles dans son cœur (Lc 2,19), de hisser notre pauvre adoration à ce bienheureux état d'adoration silencieuse. Prions afin que la vierge Marie puisse intercéder pour avoir la paix, l’amour et bien vivre heureux avec les autres et aussi à être humble dans cette vie reçue du Père. Marie Secours des Chretiens, prie pour nous ! Amen

 

 

 

Deuxieme jour de notre neuvaine

Les sept douleurs de Marie

L'épée dont parle Siméon, dans la culture juive, c'est l'Ecriture sainte. Ce qui signifie que Marie a vécu la souffrance en se nourrissant de la Parole de Dieu, « efficace et plus incisive qu'aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu'au point de division de l'âme et de l'esprit. » (Hébreux 4, 12).
Cette épée, c'est aussi la douleur pour Marie de voir que Jésus, Parole du Père, est persécuté, rejeté. La croix de la contradiction devient pour Marie une épée qui lui transperce l'âme.
De Marie, nous pouvons apprendre la vraie compassion, comme participation au mystère pascal, dans l'accueil de la souffrance des autres comme souffrance propre [1].

 

1° douleur : la prophétie de Siméon.

 

« Siméon les bénit et dit à Marie, sa mère: "Vois! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël; il doit être un signe en butte à la contradiction, -- et toi-même, une épée te transpercera l'âme! -- afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs." » (Luc 2, 34-35)

Le vieillard Siméon annonce à Marie que son fils sera en butte à la contradiction (Lc 2,34-35).
Douleur : Jésus sera contrarié. Et cela est annoncé dans le temple de Jérusalem, au centre du pays, au cœur de la vie religieuse du peuple juif.
Un glaive traverse le cœur de Marie. La Vierge Marie souffre en tant que fille de Sion, en tant que mère du prince de la paix universelle.

« Je fais de toi la lumière des nations pour que mon salut atteigne aux extrémités de la terre. Ainsi parle YHWH, le rédempteur, le Saint d'Israël, à celui dont l'âme est méprisée, honnie de la nation. » (Isaïe 49, 6-7)

 

2. Le massacre à Bethléem et la fuite en Égypte, la souffrance de l'exil.

 

« Après leur départ, voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit: "Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et fuis en Egypte; et restes-y jusqu'à ce que je te dise. Car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr." » (Matthieu 2, 13)

Douleur de la mort des innocents, douleur de l'injustice, douleur d'être mêlés à l'injustice puisque l'élément déclencheur de la fureur du tyran a été la naissance de Jésus, douleur d'être impuissant et de devoir fuir pour protéger Jésus.
La souffrance de l'exil en Egypte est d'un autre genre, c'est le fait d'être appauvri, étranger, citoyen de seconde zone, et de ne pas pouvoir pratiquer certains rites religieux.

Dieu est innocent de l'injustice d'Hérode. Avec quelle intensité Marie aura-t-elle prié par exemple ce psaume :

« Es-tu l'allié d'un tribunal de perdition, érigeant en loi le désordre ? On s'attaque à la vie du juste, et le sang innocent, on le condamne. Mais YHWH est pour moi une citadelle, et mon Dieu, le rocher de mon refuge. » (Ps 94, 20-22)

 

3. La disparition de Jésus à douze ans. (Lc 2, 41-52)

 

« A sa vue, ils furent saisis d'émotion, et sa mère lui dit: "Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? Vois! Ton père et moi, nous te cherchons, angoissés." » (Luc 2, 48)

Douleur de l'absence inexpliquée de Jésus et l'angoisse à son sujet.
Ce qui peut aussi être douloureux pour Marie en tant qu'épouse, c'est de voir la douleur de Joseph. Leur douleur peut avoir été augmentée par certaines réactions de l'entourage critiquant par exemple leur manque de surveillance. Et finalement, ce qui est douloureux, c'est de ne pas comprendre la réaction de Jésus au moment des retrouvailles.
Le glaive, la Parole de Dieu, a traversé le cœur de Marie. Exemple :

« Dis-moi quelle a été ma transgression, mon péché? Pourquoi caches-tu ta face et me considères-tu comme ton ennemi? » (Job 13, 22-24)

Cet évènement a eu lieu la fête juive de la Pâque, il est la préfiguration du mystère pascal. Ici, le 3° jour, les parents retrouvent l'enfant. Plus tard, le 3° jour, les disciples retrouveront Jésus ressuscité.

 

4. Marie voit son fils chargé de la croix. (Lc 23,27)

 

« Ils l'emmenèrent pour le crucifier. En sortant, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, et le requirent pour porter sa croix. » (Mt 27, 31-32)

Douleur morale de voir Jésus condamné, exclu, abandonné de ceux qu'il a instruit et guéri. Douleur spirituelle de voir Jésus tomber.

« Je suis devenu la risée de tout mon peuple, leur chanson tout le jour. Il m'a saturé d'amertume, il m'a enivré d'absinthe. [...] Voici ce qu'à mon cœur je rappellerai pour reprendre espoir : Les faveurs de YHWH ne sont pas finies, ni ses compassions épuisées. » (Lamentations 3, 14-15 et 21-22)

Mais ce chemin de croix est monté vers le Père, Exode nouveau...

 

5. Marie debout au pied de la Croix. (Jn 19,25-27)

 

« Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère. » (Jean 19, 25)

Douleur physique d'une mère qui voit souffrir le fils de ses entrailles, le fils de sa chair. L'Evangéliste Matthieu transmet ce long cri de Jésus, dans les termes du psaume 22 :

« Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Ps 22, 1)

La mère de Jésus se laisse transpercer par la Parole biblique, véritable épée à deux tranchants ; et peut-être a-t-elle prié la suite du psaume 22 :

« Je peux compter tous mes os, les gens me voient, ils me regardent; ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement. Mais toi, YHWH, ne sois pas loin, ô ma force, vite à mon aide. [...] J'annoncerai ton nom à mes frères, en pleine assemblée je te louerai.» (Ps 22, 18-20 et 23)

 

6. Marie reçoit le corps inanimé de son Fils. (Jn 19,38-40)

Dieu n'a pas fait descendre Jésus de la croix. Jésus a connu véritablement notre mort humaine. Marie en partage toute la douleur, et puisqu'elle survit à son fils, elle souffre ensuite seule, sans son fils.

« Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison. » (Isaïe 53, 4-5)

 

7. Marie au tombeau de Jésus. (Jn 19,41-42)

Douleur du deuil. Douleur des ténèbres qui désormais recouvrent la terre puisque Dieu en a été chassé. Là encore, la Parole de Dieu est vivante :

« Reviens, YHWH ! Jusques à quand ? Prends en pitié tes serviteurs. » (Ps 90,13)

En réalité, comme le dit le catéchisme de l'Eglise catholique : « La descente aux enfers est l'accomplissement, jusqu'à la plénitude, de l'annonce évangélique du salut. Elle est la phase ultime de la mission messianique de Jésus, phase condensée dans le temps mais immensément vaste dans sa signification réelle d'extension de l'œuvre rédemptrice à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux, car tous ceux qui sont sauvés ont été rendus participants de la Rédemption. » (CEC 634)

 

Conclusion :

Siméon annonçait non seulement que Jésus serait un signe en butte à la contradiction, mais qu'il serait aussi la lumière des nations (Lc 2, 32).
Si nous méditons la douleur, c'est parce qu'elle est le lieu de la rédemption.
La mort de Jésus est suivie par sa résurrection et sa seigneurie sur l'univers. Jésus est alors annoncé et reçu dans le monde entier. Demandons à Marie de nous appendre à vivre la douleur dans la foi, de la supporter et de la supporter au quotidien. Que nous supportions tout comme religieux salésiens pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Qu’Elle continue à nous assister dans notre mission et les difficultés  que nous rencontrons.     

 Marie, secours des Chrétiens, prie pour nous!

 [1] Cf. J. Ratzinger, Benoît XVI, L'enfance de Jésus, Flammarion, Paris 2012, p. 123

 


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